17/05/2013

Lacanian kôans

"Le principe du plaisir, c'est que le plaisir cesse". (p107).

"Retenez ceci, à propos de l'extériorité et de l'intériorité, que cette distinction n'a aucun sens au niveau du réel. Le réel est sans fissure." (p 122).

"Le moi éprouve la réalité pour autant non seulement qu'il la vit, mais qu'il la neutralise autant que possible." (p 125).

"Un oeil, quand il reçoit la lumière, retient beaucoup moins d'énergie qu'une feuille verte, laquelle, avec cette même lumière, fait toutes sortes de choses." (p 135)

"L'homme part de rien du tout. Il faut qu'il apprenne que le bois brûle et qu'il ne faut pas se jeter dans le vide." (p 138).


(
Le moi dans la théorie de Freud
 et dans la technique de la psychanalyse

Le séminaire, livre II 1954-1955, Seuil).

24/04/2013

Punition éternelle 3

Punition éternelle

 

3

 


Je ne dois pas aller plus vite que la musique...

 

Je dois être dans le temps et dans l’espace

 

Je ne dois pas mordre le sein de la Langue mère

 

Je ne dois pas mordre la main qui me nourrit

 

Je ne dois pas, du verbe « devoir », répondre à la langue

Maîtresse

 

Je ne dois pas perturber la Classe

 

Je ne dois pas perturber la catégorie « humaine trop

humaine »

 

Je ne dois pas accorder de valeur au concept marxiste de

Lutte des Classes
 

 

 

 

  Ali Lham (texte tiré de "Solitude Soluble")

 

L'amorpho-thérapie

L’amorpho-thérapie

 

 

J’adore dormir. C’est simple, quand je dors j’oublie tout, j’oublie qui je suis et qui je ne suis pas. Je n’ai plus à me soucier des sous qu’il faut gagner pour ceci ou pour cela. Des sous qu’il faut pour soutenir une vie. Dormir c’est des soucis en moins. Une thérapie pas chère pour ceux qui sont sans le sou, sans assiette. Cependant, comme toute drogue, l’amorphothérapie présente également des inconvénients. Le retour à la plate réalité est terrible. On a de plus en plus de mal à se lever. Plus on dort et plus on est fatigué. On a de plus en plus de mal à tenir debout. On ne rêve plus que d'une seule chose : dormir. Tout ne tourne plus qu’autour de cet immense trou noir qu’est le sommeil : cette horizontalité sans horizon.

La tête a besoin des mains pour demeurer tête, pour garder la tête un peu haute. Les muscles fondent, comme s’ils n’avaient jamais existé. Vous devenez de plus en plus blanc. Encore un peu et la couleur des murs devient la vôtre. Homme blanc sur fond blanc. Par un processus d'effacement progressif dans le blanc, l’amorphothérapie permet de ne plus être dans le rouge. Plus de sous, plus de souk, plus de soupe, plus de soucis. Vos mouvements deviennent de plus en plus lents. Vous êtes détendu, sans désir, sans but, sans début, sans fin...


                                                                Ali Lham (texte tiré de "Solitude Soluble")